Son of Zorn, Zorn to be alive (presque)

Parmi toutes ces séries de la rentrée, Son of Zorn a pour elle son originalité visuelle qui mélange animation et acteurs réels. Rien de vraiment nouveau, mais suffisamment rare pour le noter et surtout la remarquer.

Le souci avec ce genre d’appât à téléspectateurs c’est qu’il faut assumer de bout-en-bout et surtout rendre le tout aussi crédible et solide que possible.

Est-ce que Son of Zorn réussit le pari avec son pilote? Presque.

Zorn interdite

« Son of Zorn c’est l’histoire d’un guerrier légendaire vivant et combattant sur l’île de tous les dangers (pas Koh-Lanta) « Zephiria ». Afin de rendre visite à son fils pour son anniversaire, Zorn va quitter cette terre hostile pour la Californie et sa société bien différente de celle qu’il connait depuis des années. Il va aussi se rendre compte que s’il ne veut pas perdre son fils, il va falloir qu’il s’installe et trouve un travail. »

La nouvelle série des créateurs de Wilfred avec Jason Sudeikis dans le rôle principal est un vrai challenge pour un Network. Tenter de faire ce que l’on a l’habitude de voir sur le câble sans les libertés du medium.

Et il est clair que; sans être mauvais, bien loin de là; le pilote se cherche encore un peu dans sa définition de ce qu’il est. On navigue constamment entre la comédie familiale comme on peut en voir dans pas mal de sitcoms et celle plus proche d’un BoJack Horseman ou même Louie.

Son of zorn s01e01, son of zorn pilote

Mais quand on est bien attentif à ce que nous propose Son of Zorn on peut aisément se rendre compte qu’il y a une envie d’autre chose derrière le tout. Une envie de mélanger l’absurde à la psychologie de personnages qui n’ont, normalement, rien à faire ensemble.

Ce sur quoi on peut féliciter la production, c’est que l’on évite l’humour potache et facile lié à la situation d’un barbare dans une société qui se veut civilisé. La force du show peut grandir de ses personnages (Un casting très bon, mention spéciale pour Tim Meadows) qui sont très agréables à suivre et à la psychologie qui ne demande qu’à être développée.

Je retiens surtout que derrière ses muscles et sa grosse épée, Zorn a au fond de lui tellement à dévoiler. On sent que le fait d’être confronté à un monde qu’il ne connait pas vraiment peut révéler sa personnalité profonde.

Cependant, je ne pense pas que l’on ira aussi loin dans le côté dramédie que bien d’autres show, mais on pourrait se retrouver devant un pendant Musclor de Last Man On Earth.

L’animation, car il faut aussi parler un peu technique, correspond au style que l’on peut retrouver sur AdultSwim et même d’anciens dessins animés comme on pouvait en trouver plein dans les années 80/90 (Les maîtres de l’univers). Pour ma part ça ne fonctionne pas trop mal, ça permet d’appuyer le décalage nécessaire à la réussite du projet.

Son of Zorn pilote, Son of Zorn s01e01

Un possible bijou à travailler

Ce pilote de Son of Zorn a malgré tout réussi son pari sur votre serviteur, son côté étrange est fascinant et la voix de Sudeikis (On est fan ou on ne l’est pas) m’ont donné l’envie de continuer en espérant que FOX ne me décevra pas comme l’an dernier.

 

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Atlanta, la réussite lyrique de Donald Glover

J’attendais avec grande impatience le retour de Donald Glover à l’écran, le fait que l’acteur le fasse en nous proposant un peu de Childish Gambino en sus n’a fait qu’attiser davantage ma curiosité et envie.

Atlanta; puisque c’est le nom de la dramédie produite, interprétée et écrite par l’ex-Community;  c’est l’incarnation de son auteur. Une fable mélancolique plongé dans la dure réalité du quotidien et l’envie de s’en sortir par tous les moyens possibles.

Poétique mélancolie d’un loser qui veut s’en sortir.

La série de FX entre dans la catégorie très en vogue de la dramédie. Ce genre, souvent le cul entre deux chaises, très délicat à parfaire. Force est de constater qu’après seulement deux épisodes d’un peu plus de 20 minutes, Atlanta et toute son équipe prouve qu’ils ont de quoi raconter et surtout en le faisant avec talent.

Dans Atlanta, Donald Glover incarne Earnest Marks, un jeune chômeur entre deux petits boulots sans avenir, père d’une adorable petite fille, au mariage en plein déclin.

Pour s’en sortir il va tenter de devenir le manager de son cousin rappeur méconnu, Alfred « Paper Boi » Miles (Brian Tyree).

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Si l’on a droit à quelques moments d’humour, souvent par décalage à la part sombre du tout, il ne faut pas se tromper, la série aime dénoncer, se poser, montrer les choses telles qu’elles sont, sans tomber dans le misérabilisme et la fatalité. Il sort de la mise en scène et l’écriture un lyrisme puissant qui rend intéressante, souvent belle, la moindre situation / portion de l’histoire.

C’est un tour de force que de pouvoir proposer une image aussi forte, sombre et crue de la réalité d’un “loser” attachant dans les quartiers pauvres d’Atlanta, tout en offrant ce qu’il faut d’humour et d’absurde pour mieux faire l’amère pilule.

Cette histoire c’est aussi celle d’une société qui a bien trop banalisé, starifié, la violence. La série de Glover nous en fait le portrait sans aucune forme de jugement ou de messages politique, si ce n’est celle du spectateur.

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Atlanta c’est aussi une écriture très juste de ses personnages, principaux comme secondaires, si l’on est concentré sur le trio “Earn, Paper Boi et le planant Darius qui a toujours un bon mot dans son esprit embué”, le monde gravitant autour n’est pas en reste et extrêmement juste. Parfois un peu trop, mais jamais dans le mauvais sens du terme.

On retiendra aussi une photographie appuyant le sentiment de mélancolie voulue par le show. Les images sont belles, oniriques et servent le propos. Propos renfermant déjà une bonne poignée de citations aussi fortes que délirantes.

La musique a bien entendu sa place et est choisie avec beaucoup de goûts sans être omniprésente et assommante. Un excellent point de plus pour cette série qui n’en avait pas vraiment besoin pour faire ses preuves.

Atlanta est une grande réussite qui je l’espère saura confirmer son excellent début et nous laisser avec une dramédie culte, unique et juste.

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Euh saison 2, aucune raison d’hésiter à la regarder

J’ai pu voir à mon aise et avec de l’avance la saison 2 maintenant disponible de Euh, cette comédie géniale qui date déjà de 2015.

Une avance confortable qui m’a permis de la revoir, de bien l’apprécier et de pouvoir maintenant vous en parler et dire tout le bien que j’en pense.

Car on ne va pas couper les knackis en 4, avec sa deuxième saison, Euh confirme et sublime l’excellence de sa grande soeur.

Pour rappel, Euh c’est l’histoire de Benoit (Mathieu Debaty), un jeune homme incapable de faire le moindre choix à qui il arrive de belles mésaventures la plupart du temps liée à cette indécision.

Si vous n’avez pas vu la première saison (qui se trouve ici) la suite de ce texte pourrait contenir des éléments de spoilers, du poivre en grain et 100ml de lait entier.

Aujourd’hui Benoit va mieux, il est en couple avec Sylvie (Erika Sainte) rencontrée dans une thérapie de groupe et va même rencontrer ses parents.

Un pitch de départ qui rallumera chez beaucoup d’entre nous quelques angoisses. Et c’est justement sur ce constat de départ que vont s’enchaîner les nouveaux déboires de Ben à la chevelure flamboyante. On veut tout faire pour plaire, on fait quelques gaffes plus ou moins irréversibles.

 

Euh, dès sa première saison, était déjà un bel exemple d’humour typiquement belge, surréaliste bien comme il faut, burlesque, sans jamais être de mauvais goût. Pour cette suite, tout a été démultiplié, augmenté, magnifié.

Les acteurs et les personnages créés sont plus vrais que nature, rien ne sonnent faux et encore moins la réalisation de Brieuc de Goussencourt qui fait des merveilles sur un format aussi court. Le rythme est réglé comme du papier à musique (mais pas celle des One Direction). Chaque plan à son importance, rien n’est laissé au hasard. Bref, c’est un sans faute.

Pour votre bien-être sériel n’hésitez pas et regardez moi ces deux saisons sans plus attendre. De plus, avec CanalPlay en co-production, si vous êtes français (ce n’est pas sale) vous pourrez autant l’apprécier que mes compatriotes.

Chapeau bas les artistes.

Voir la série sur le site de RTBF Webcréation et/ou sur CanalPlay.

Euh est une web-série créée par Brieuc de Goussencourt, Grégory Beghin, et Ben Dessy et RTBF Webcréation.

 

I Love Dick, mon avis sur le pilote au titre qui va niquer mon référencement

Plus sérieusement, I Love Dick fait partie des 3 derniers pilotes de séries proposés par Amazon aux côtés de The Tick et Jean-Claude Van Johnson dont je vous parlerai sous peu.

Je commence donc par mon avis sur la dernière création de Jill Soloway (Transparent) avec Kevin Bacon. Un bijou de plus à ajouter au palmarès de la créatrice?

I love Dick with Bacon.

 

I Love Dick est une adaptation d’un roman de Chris Kraus où l’on nous raconte l’histoire d’un couple, Chris et Sylvere, tout fraîchement débarqué à Marfa au Texas. Là-bas, ils y feront la rencontre de Dick, un professeur charismatique qui va tout chambouler dans la vie de Chris, à qui elle commencera à envoyer des lettres.

Dick est incarné à l’écran par Kevin Bacon (Following), Chris par Kathryn Hahn (Transparent) et Sylvère par Griffin Dunne (Manhattan).

A nouveau, Soloway nous plonge dans ce qu’elle sait faire de mieux de la dramédie. Elle n’a pas son pareil pour donner une saveur tout particulière au quotidien qui le rend intéressant. D’autres thèmes viennent s’y greffer et bénéficie du même soin, que ce soit à propos de sexe, des problèmes de couple, de l’envie, la relation des femmes envers la société et les hommes. Bref, si vous aimez le travail de la showrunneuse vous serez en terrain connu sans pour autant avoir l’impression qu’elle tourne en rond et se parodie. 

Si le couple est admirablement campé et convaincant, il faut se rendre à l’évidence que c’est Kevin Bacon qui apporte énormément à la cohérence de l’histoire, son incarnation d’un désir brulant qu’il inspire à Chris est palpable. Sylvere n’est pas vraiment en reste, mais d’une façon plus réservée.

Dick est un personnage qui ne manquera pas pourtant d’exaspérer autant qu’il attise. Ce n’est pas pour rien qu’il porte ce diminutif qui peut tout autant être lié au prénom Richard, mais aussi aux multiples signification du mot « Dick » en anglais. On navigue tout de même entre le connard et la bite.

I Love Dick Amazon Pilote Kevin Bacon

Une scène qui a toute son importance.

I Love Dick réussit très bien son job de pilote et ce en très peu de temps (en une scène pour être précis). On sent très bien qu’il y ait un fort potentiel dans cette histoire pleine d’ambivalence, de remise en question, d’une intimité bouleversée et ce triangle presque amoureux déstabilisant.

 

Il ne reste plus qu’à espérer que le projet dépasse le stade du pilote et que cette histoire nous emmènera au plus profond de l’intimité de personnage qui doivent se réinventer.

Mr Robot saison 2, dystopie hypnotique

Je l’ai attendu ce retour de Mr Robot, ce fut long, j’étais fébrile et effrayé de ne pas retrouver mon coup de coeur de l’été dernier aussi fort, si pas plus puissant.

Premier bon point, ce début de saison commence avec un double épisode, de quoi bien apprécier le retour et savourer ce que Sam Esmail et son équipe sont et seront capables de nous faire vivre et ressentir dans cette production qui va plus loin que cette histoire de hacking psychologiquement tordue et ses inspirations évidentes que les détracteurs n’auront de cesse d’utiliser pour tenter maladroitement d’expliquer pourquoi ils n’ont tout simplement pas aimé.

Mr Robot c’est le genre de série, rare, qui soit t’hypnotise et te tient acquis à sa cause, soit te laisse hermétique de par ces détails qui sont autant de points forts pour les fans.

Comme un virus imaginaire

Pour rappel, mais si vous êtes ici sur cet avis de début de saison 2 vous êtes déjà un connoisseur, Mr Robot c’est l’histoire d’Elliot Alderson (Admirablement campé par Rami Malek) un hacker toxicomane en proie à de nombreuses névroses, voire même psychoses. Guidé par la vision de son père décédé, le fameux Mr Robot (Christian Slater), Elliot va diriger une bande de hacker et aider “FSociety” afin de faire tomber la géante “Evil Corporation”.

Ce double season premiere nous emmène quelques mois après la grande victoire de FSociety contre les diaboliques multi-nationales en fin de saison 1. Le peuple américain est sauvé de ces dettes, les marchés boursiers se sont écroulés. Un nouveau monde est en approche.

Vous vous doutez par contre que rien n’est heureux très longtemps dans la série d’USA Network. Est-ce que tout ceci est bien réel, quelles vont être les répercutions et les actions d’un gouvernement qui fera tout pour rétablir l’ordre.

Pendant que FSociety est dirigé par Darlene (la soeur d’Elliot), ce dernier s’est retranché chez sa mère hors de toutes technologies, tentant de vivre une vie normale non parasitée par ses visions, l’informatique, ses médicaments et drogues et tous ceux qui pourrait lui être nuisible, Evil Corp tente de se relever de ce coup violent.

On sent clairement que Sam Esmail veut nous emmener ailleurs, de façon plus intimiste dans ce nouveau chapitre d’une histoire au plus profond du psyché d’êtres humains avec de grosses faiblesses.

Cette saison 2 semble être aussi celle du combat intérieur pour Eliott, il n’est plus tout à fait le même, il n’exprime plus toutes ses grandes pensées par l’utilisation de la voix off, ne s’adresse plus aux téléspectateurs. Il s’est fait un nouvel ami, Leon, un gars qui ne pense qu’à la sitcom Seinfeld, qu’il avoue ne pas vraiment comprendre.

On remarque l’absence de Tyrell Wellick qui s’est vu obliger de fuir et se cacher suite aux attaques de Evil Corp dont il a été désigné responsable. Son retour risque d’être sobrement fracassant.  Autour de tout ça, le reste des personnages sont en souffrance plus ou moins affirmée.

La réalisation est au rendez-vous, différentes, plus fortes sur beaucoup d’aspects et de symbolique. Sam Esmail joue avec les codes, les tords, les utilisent avec maestria pour servir son propos et son ambiance. Il s’agit ici d’une évidence artistique, d’une production fascinante autant que fasciné. On ne regarde pas Mr Robot on le vit avec ses acteurs et ses créateurs.

Encore une fois la bande son est soignée et réfléchie. Elle se laisse savourer tout autant que la fresque hallucinée offerte à nos yeux. Vous retrouverez la playlist maison sur Spotify plus bas dans l’article.

Conclusion

Je ne pense pas être à 100% ressorti de cette entrée en matière, je suis happé par le phrasé, par le rythme, les jeux de regards et la performance parfaite de Rami Malek. J’ai envie de savoir où l’on m’emmène, continuer ce voyage qui n’a rien d’heureux et plonger dans les méandres biscornus des esprits malades qui hantent mon petit écran.

Mr Robot saison 2 soundtrack sur Spotify

Wrecked, comme un avion sans ailes | Avis

Le trailer de Wrecked m’avait vendu le souk, le bordel, le dawa, le tout ce que vous voudrez qui est synonyme du bocson à la sauce « parodie » de Lost.

Le pilote m’avait fait sourire sans plus et j’avoue que j’étais un peu refroidi et me suis longtemps posé la célèbre question « Je lui laisse une autre chance ou pas? ». Ce n’était pas catastrophique, juste pas fou comme le laissait présager cette bande-annonce (un peu de quota francophone).

Verdict, j’ai bien fait de prendre un peu de temps pour voir les 2 épisodes suivant car Wrecked est un peu plus profond que ça et distille son humour de façon plus sage que je ne le pensais… enfin généralement.

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Evidemment plus de réseau…

Wrecked Tom

Wrecked sur TBS c’est l’histoire d’un vol qui s’écrase sur une île perdue on ne sait où, avec une partie de survivants tournant autour d’Owen le tout nouveau stewart qui jusque là n’en avait que faire de tout ça. Il va vite devoir changer son plan de vie lorsqu’il se rend compte qu’il est entouré d’idiots poissards, de fous et autres personnes détestables.

L’humour de Wrecked repose essentiellement sur du burlesque, du jeu de mots à deux balles et de gags visuels se cachant un peu partout dans l’image. Ce n’est pas toujours très fin, mais ça fait agréablement son travail sans grands temps morts (surtout à partir du deuxième épisode).

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Cette comédie ce n’est pas seulement une série de gags, c’est surtout une galerie de personnages à la limite de la caricature, sans être péjoratifs, de ceux que l’on pourrait retrouver dans un drama du genre.  mais tous bien campés. Wrecked possède une série de personnages hauts en couleurs.

Chacun d’entre eux prouvent petit à petit qu’ils ont en eux un réel potentiel comique qui va venir s’ajouter à la sauce globale pour la faire prendre et la rendre goûteuse… c’est fou comme j’ai faim moi.

On passe du loser qui se fait passer pour un flic, à l’anglais qui en plus d’avoir perdu l’Europe n’a plus l’usage de ses jambes, du beau gosse super héros éphémère, du couple qui se déteste ou encore une femme qui n’a peur de rien et ne tourne jamais 7 fois ta langue dans ta bouche.

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Wrecked c’est un peu Supergrave rencontre Lost avec je l’espère un plan pour tenir sur la longueur. En tout cas, les 3 premiers épisodes font bien le boulot (après avoir revu le pilote, il se tient). Une bonne comédie d’été afin de faire la balance entre tous les dramas qui nous tombe du ciel, un peu comme un avion en feu.

En cadeau les 6 premières minutes de Wrecked

Pilote | Roadies, l’importance des backstages par Cameron Crowe

Roadies et moi, depuis le début c’était écrit que je ne pouvais la louper. Du rock, l’envers du décor, un casting qui fait plaisir et surtout Cameron Crowe derrière. Une combinaison telle que dès les premières informations je rêvais déjà d’une série qui irait chercher du côté de “Presque Célèbre” et de toute cette collection de “Rock Movie” que j’affectionne tant.

On the Road again

Pour celles et ceux qui ne le savent pas, un Roadie c’est un membre de l’équipe de tournée d’un groupe ou un artiste, un élément clé caché dans l’ombre d’un show qui sans son travail de passionnés n’existerait pas.

Ce que raconte Roadies sur Showtime c’est cette vie là, entre le promoteur, les producteurs, le crew technique et surtout le groupe. Groupe qui, pour l’occasion, est vraiment présenté comme un personnage plus que secondaire pour bien mettre en avant ces héros. C’est donc l’occasion de retrouver une série avec une belle brochette de personnages tous plus ou moins liés et qui offriront presque autant d’histoires.

Car si vous vous lancez dans Roadies (et vous le devez) attendez vous à ne pas avoir une grande trame que l’on suit comme un train obéissant. Le seul point central autour duquel vient graviter tout ce beau monde n’est autre que le trio mené par Carla Gugino, Luke Wilson et Imogen Poots.

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Roadies or not here i go

Alors Roadies je vous le dis tout de suite, ce pilote m’a ravi. Surtout que je l’attendais au tournant il n’avait pas droit au faux pas. La mise en place des personnages de l’univers se fait en douceur et en humour. Les petits drames qui vont venir faire vivre ce monde commencent eux aussi à se dessiner et j’attends vivement la suite pour retrouver ces personnages qui montrent déjà d’une écriture simple, réaliste et attachante et surtout pleine d’efficacité. Ils me sont déjà tous familiers, en passant du trio de tête à la groupie folle.

Je vous l’avais déjà dit en podcast, pour moi une bonne série à besoin de personnages bien joués et bien écrit, ce pilote est un exemple parmi tant d’autres que cette recette marche sur votre humble serviteur.  

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Ce que l’on attend d’une série dans le monde de la musique c’est qu’elle aille chercher de quoi nous donner envie d’en écouter. De soigner son habillage sonore, de trouver les bons morceaux pour les bons moments. Et quand on connait le travail de Cameron Crowe on est en droit d’en attendre beaucoup.

Encore une fois je ne suis pas déçu. Elles se font discrètes, elles s’intègrent à la vie grouillante des backstages, mais la musique est bien présente, variée et de grande qualité. Dans ce pilote on passe d’un Ramones à Bob Dylan avec du Pearl Jam, du Major Lazer, du The Ting Tings et bien d’autres. On nous offre même la présence de The Head and the Heart un groupe peu connu par nos contrées mais dont le travail vocal donne des frissons.

Je vous laisse en fin d’article le lien vers la playlist maison de ce premier épisode de Roadies sur Spotify.

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Vous l’aurez compris, j’en attendais beaucoup de Roadies et monsieur Crowe et j’ai déjà tout ce que je voulais dans ce pilote. Il ne reste plus à l’équipe de confirmer qu’ils sont capables de faire vivre ce monde, de ne pas tomber dans les dramas de supermarché et de conserver le soin apporté à la mise en scène, le référentiel et à la photographie déjà présente.

De plus, on peut sentir que des histoires à rebours sont déjà en train de se mettre en place et je suis impatient de voir ce qu’elles nous réservent.

Roadies se présente déjà comme une version plus humble, plus juste et plus divertissante que n’ai pu l’être Vinyl avec le recul.

PS: Pour les fans du « Rebelle » il y a ici un visage qui ne vous sera pas inconnu et qui m’a fait plaisir de retrouver.

 

Io web série, triste singe 2.0 | Avis

Elle n’est pourtant pas bien longue et pourtant il m’aura fallu bien plus de temps que je le pensais pour voir la web série Io et pouvoir vous en parler et vous donner mon humble avis.

Io c’est l’histoire d’un étudiant lambda dont la vie va basculer lorsqu’il rencontrera un activiste/révolutionnaire/singe au chapeau melon de l’internet se nommant SAD_MONKEY.

Ambiance de piratage informatique, de renversement du pouvoir et de bons nombre de thèmes déjà abordés et très en vogue ces derniers temps. Le tout avec une mise en image jouant la carte du risque de la vue subjective filmé en Go Pro.

Ce parti pris est pour le moins délicat lorsque l’on tente de viser un plus large public (Cela peut rendre malade certaine personnes). Si l’effet est rigolo de prime abord, il cache en fait une somme de lacunes, ainsi qu’une production lorgnant parfois avec le cheap, qui empêche de l’apprécier à sa juste valeur et fini par le transformer en simple gimmick “marketing”.

Même s’ils s’en défendent et que je veux bien les croire, dès la présentation de Io on ne peut s’empêcher de penser à Mr Robot. J’ai fait tout ce qu’il fallait pour ne pas comparer, remettre le contexte en place, le budget, l’équipe technique, etc., pour pouvoir vous donner un avis le plus neutre de la production de Sam Esmail possible.

S’il y a du bon, voir du très bon dans cette mini web-série (le format par exemple), j’ai toujours du mal avec les problèmes de son, ça me sort très souvent de l’histoire. Alors quand en plus le format est court c’est d’autant plus dommage. Cet effet vient malheureusement appuyer les quelques incohérences de scénario qui nous font nous poser des questions, mauvaises et surtout là où l’on n’aurait pas du.

Faire planer un mystère, l’épaissir et en jouer est un tour de force sur lequel on peut très vite se casser les dents si l’on a voulu trop en faire tout en se perdant dans un univers intéressant mais mal maîtrisé.

Avec le recul, mon avis est autant en dents de scie que la production de Io et son jeu d’acteur.

En conclusion, j’aime les risques entrepris par son créateur, la partie transmédias/Univers étendu (http://www.monkeysociety.io/fr/), les idées qu’il a tenté de mettre en place avec par moment des fulgurances techniques et artistiques qui prouvent qu’on est bien devant un projet prometteur qui s’est perdu en chemin et mériterait d’être repensé et surtout réécrit.

Pour regarder Io et vous intéresser à son univers c’est ici : http://www.regarder.io/

[Pilote] Outcast, un exorciste presque célèbre

Robert Kirkman ne semble plus se satisfaire uniquement du comics, il lui vient de plus en plus souvent l’envie de faire de la série tv et tant qu’à faire il tente d’adapter ses créations, c’est plus simple niveau droits. Après The Walking Dead, Kirkman transpose Outcast à la tv et chez Cinemax.

Outcast qu’est-ce que c’est?

Outcast c’est l’histoire de Kyle, un gars que le démons ne semble pas vouloir lâcher, et encore moins son entourage. Petit, il a vu sa mère tomber très malade physiquement et mentalement, il est ensuite adopté et ne retrouvera que ces/ses démons bien plus tard quand il se mariera et verra sa femme souffrir comme l’a fait sa mère. Afin de ne plus faire de mal à personne il décide de partir vivre en ermite dans sa maison d’enfance, loin de la petite ville où tous les habitants pensent que le diable n’est jamais très loin.

Outcast S01e01 pilot avis review critique

Son passé va resurgir de plus belle lorsqu’un enfant, Joshua, habitant dans cette ville va commencer à montrer de symptômes qu’il ne connait que trop bien. Si le révérend Anderson est appelé en sauveur, il va vite faire équipe avec Kyle qui se sent capable d’aider et veux surtout mieux comprendre ce qu’il a vécu enfant.

Et qu’est-ce que ça vaut?

Dès son générique, Outcast réussit à proposer une ambiance étrange et malsaine qui n’en finira plus de s’installer tout au long de l’épisode. Autant visuellement, que dans sa narration les faux pas n’ont pas lieux d’êtres. Attention cependant aux estomacs sensibles, il y a dans ce pilote quelques moments (surtout au tout début) qui pourrait vous faire rendre vos Fruit Loops, surtout si comme moi vous décidez bêtement de regarder l’épisode le matin dans le train.

Heureusement, ce genre de moment n’est pas pour le moment gratuit et aide vraiment à installer l’atmosphère et son histoire. Globalement, Outcast est sobre sur le gore et quand il en fait ce n’est aucunement cheap et fait son petit effet. On est plus proche de « L’exorciste » que de « Hostel.

Outcast S01e01 pilot avis review critique

 

L’autre bon point de cette mise en bouche (début de phrase qui prend tout son sens avec le début de l’épisode) c’est le casting qui incarne admirablement bien les personnages aux lourds passés que Kirkman nous propose, ce même pour les enfants qui sont étonnant de justesse et d’horreur.

Il est par contre un peu étrange de voir Patrick Fugit (Kyle) dans ce genre de rôle quand votre seul souvenir de lui c’est il y a 15 ans dans « Presque Célèbre » de Cameron Crowe. Malgré cela, on fait vite abstraction de ce passé pour s’intéresser à celui qui nous est conté à l’écran.

Un excellent travail est aussi à compter du côté de l’image et des effets spéciaux qui donnent vie à ce nouvel univers qui, il faut bien l’avouer, est un peu flippant sans tomber dans la peur « Bouh ».

Outcast S01e01 pilot avis review critique

Conclusion

Outcast me laisse donc une première excellente impression, qui je l’espère sera confirmée par sa suite. Suite qui, je l’espère, répondra aux nombreuses questions déjà en suspens. En tout cas si vous aimez les ambiances étranges, les mystères aux démons inquiétant, vous devriez vous laisser tenter.

La première saison de Outcast commence le 3 juin prochain sur Cinemax et le lendemain sur OCS.

Burkland, Project Walking Silent Evil – Avis

Quand il est question de web séries co-produite par la branche Web Création de la RTBF j’ai directement en tête quelques comédies de grand niveau qui viennent en tête, « Euh » est d’ailleurs celle que je conseille les yeux fermés à tout le monde.

Par contre, quand il s’agit d’être un peu plus sérieux, ou carrément jouer le registre du thriller/horreur/un peu gore quand même, j’avoue que jusqu’à aujourd’hui ce que je pouvais citer n’était pas dans le catalogue de la chaîne belge (j’aurais parlé de Random par exemple).

Avec Burkland, que je viens de terminer un peu en avant première grâce à la gentillesse de l’équipe de RTBF Webcréation, je peux désormais ajouter cette production et même la conseiller.

Burkland Avis critique review

Burkland qu’est-ce que c’est?

Burkland c’est un projet de web séries qui a d’abord fait parler de lui avec son pilote étrange prévu pour être regardé sur smartphone (Une partie de l’histoire se dévoile sous nos yeux via une vidéo enregistrée sur ce genre d’appareil). On y retrouvait un couple de jeunes mariés, qui au cours de leur voyage de noces s’arrêtent dans un Diner Américain où le cheeseburger n’a jamais eu un goût aussi amère et chimique.

Plusieurs mois plus tard, deux enfants qui jouaient dans cette ville abandonnée ont retrouvé un téléphone qui nous montre l’horreur qui a suivi une infection que même la plus forte des pénicilline ne pourrait contrer.

Une journaliste, Lou, va donc décider d’enquêter sur ce qui a bien pu se passer à Burkland et tenter de découvrir le fin mot de l’histoire.

La saison est composée de 11 épisodes tournant autour des 6 minutes.

Burkland est une création de Grégory Beghin avec Stéphanie Van Vyve, Johann Hallet, Real Siellez et Melissa Leon Martin au casting.

Burkland avis review critique

Burkland j’en pense quoi?

Après avoir été hypé par le pilote et le peu d’informations glaner ça et là, je dois bien avouer que je ne suis pas déçu du voyage. Oh je pourrais faire la fine bouche, critiquer certains personnages terriblement clichés du genre, mais ça ne m’a pas dérangé plus que de raison et surtout ça donnait (pas pour tous par contre) un cachet référentiel à la production.

Une production qui m’a surpris à plusieurs égards (surtout en regardant les trop courts Making-of) dans sa réalisation déjà, qui utilise la plupart du temps très habilement le format court pour son rythme, ses cliffhangers et surtout ne pas s’embêter dans trop de scènes superflues. Il est certain que quelques points auraient mérités d’être plus développés, nous évitant de rester avec trop de questions en fin de saison. Peut-être une nouvelle saison nous permettra de ne plus rester sur notre faim.

La photographie est très propre et arrive à nous faire croire à une ville qui n’existe pourtant pas et ce en ne nous montrant presque rien de la dite ville. Le passage entre moment filmé au téléphone et le reste de l’histoire fait globalement bien son travail pour ne pas nous perdre sans folie mais sans gros défauts.

Qu’il y ait eu de gros moyens financiers et techniques ou pas, il est difficile de s’en rendre compte, c’est carré, propre et inspiré.

Burkland avis review critique

C’est bien cela qui défini Burkland le mieux, « Carré, propre et inspiré ». Le scénario n’est pas des plus original, les histoires d’infectés (Zombies), de villes en quarantaine et d’enquêtes on en a déjà vus et revus des dizaines si pas des centaines. Cela ne fait pas d’elle une mauvaise création, bien entendu que non, mais c’est bien la seule chose que j’ai réellement trouvé faible en regardant ces épisodes.

De plus, on les sent bien les inspirations qui traînent tout au long du projet. Silent Hill ou encore Resident Evil que ce soit en jeux vidéo ou cinéma, mais aussi un peu de Project Blair Witch ou encore Rec et Cloverfield. L’équipe à du bien baigner dans ce genre pour nous donner ce résultat, ce qui donne des moments très réussis visuellement. La scène au shotgun en dehors du Diner est une vraie petite pépite très classe, très dynamique, qui a surtout le mérite de ne pas être usée jusqu’à la corde en étant trop réutilisée.

Si vous êtes un peu attentif vous pourrez même retrouver un des deux cameos des comédies de « Euh » dans cette scène.

Burkland (si j’en crois un des pompiers présents furtivement est proche de Dinant) c’est une web série solide, qui ne manque pas de rythme et qui est facile à vendre et parfaite pour représenter le catalogue de la RTBF. C’est une histoire simple, peu originale, mais vraiment bien racontée qui donne envie d’être binge watchée.

Bien réalisée, bien jouée, avec un peu de gore juste ce qu’il faut, c’est un thriller qui j’espère arrivera à se renouveler un peu plus en deuxième saison et évitera de laisser trop de sujets en suspens et de zones d’ombres comme c’est un peu le cas dans ces 10 épisodes.

Je m’attends aussi à ce que son identité soit un peu plus marquée, mis en avant et libérée de ses références (le générique, par exemple, est très beau, mais trop vu et m’a fait penser à La Trêve et True Detective), que la créativité timide mais présente ressortent et transforme le tout d’une web série très sympa qui mérite que vous lui donniez sa chance à une incontournable du genre.

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Mon avis en un gif pour cette saison 1 de Burkland.

 

 

Les épisodes de Burkland peuvent être vu sur RTBF Auvio. Les deux derniers arrivent ce jeudi.