Cobra Kai, mon avis sur la suite sérielle de Karate Kid sur Youtube

Si comme moi tu es un gamin (sans genre imposé) des 80’s, il y a de grande chance que vous vous souveniez, même un peu de ce qu’est Karate Kid. Tu as imité le coup de pied de la grue, tu as tenté d’attraper les mouches au vol, tu as voulu Maître Miyagi comme senseï et tu as même des frissons quand tu entends “You’re The Best Around”.

Bref, quand tu sais qu’une suite qui oublie tout ce qu’a pu faire Will Smith à la licence (il est producteur exécutif sur la série) et veut nous montrer ce que sont devenus Daniel LaRusso (Ralph Macchio) et Johnny Lawrence (William Zabka) 34 ans plus tard, t’y vas en espérant que ce ne soit pas trop gênant et cheesy.

Voici mon avis sur Cobra Kai actuellement disponible sur Youtube Red.

Cobra cadabra, la nostalgie opère sa magie.

Pour ceux qui n’auraient jamais vu le film de 1984 (et ses deux suites), Karate Kid nous racontait l’histoire de Johnny, fraîchement débarqué (contre sa volonté) en Californie de son New Jersey natal. Alors qu’il est plus que difficile pour lui de s’intégrer à la jeunesse locale, surtout avec un caïd comme Johnny Lawrence qui ne le portait pas (et ne le porte toujours pas) dans son coeur. Il vaincra l’adversité grâce à Mr Miyagi, le concierge de son immeuble et au Karaté.

Cobra Kai nous transporte jusqu’à aujourd’hui, en 2018, toujours en Californie. Danie Larusso a tout réussi, il est le patron de concessions automobiles qui ne manquent pas de client, une belle maison, une “belle” famille. Bref le rêve américain plein de clichés. Johnny Lawrence quant à lui c’est tout l’inverse, c’est un homme à tout faire alcoolique, presque SDF, bloqué dans les années 80, à la vie de famille ultra compliquée. Comme quoi, être arrivé deuxième d’un simple tournoi de Karaté peut avoir des conséquences dévastatrices sur la vie de quelqu’un.

Ces deux anciens ennemis, n’auront d’autre choix que de se recroiser et se confronter (je ne vous spoile pas le pourquoi). Ce qui réveillera en Lawrence un tas de vieilles rancoeurs et l’amènera à ouvrir un nouveau dojo Cobra Kai afin de redorer le blason de cette ancienne gloire et d’un motto qui ne fait pas dans la dentelle “Strike First, Strike Hard, No Mercy” (Frapper premier, frapper fort, pas de pitié).

Son premier élève sera Miguel (Xolo Maridueña), son nouveau voisin tout fraîchement débarqué (ça vous rappelle quelque chose) dans l’immeuble où Johnny est aussi concierge. Jeune homme qui, soyons franc, n’est autre que l’effet miroir de Daniel Larusso dans le premier film Karate Kid.

Je vous résume ça en omettant volontairement d’entrer dans trop de détails pour que vous ayez une idée globale de ce qu’est Cobra Kai.

Du confort de la prévisibilité.

Sur bien des points, pour ne pas dire tous les points, Cobra Kai est une série prévisible, d’autant plus qu’elle a une certaine tendance à prendre des raccourcis pour arriver à ses fins, sa fin, qui est le très attendu tournoi final (oui comme dans le film). Cette tendance est, à mon avis, due à son format qui nous propose 10 épisodes de 30 minutes.

Est-ce que pour autant j’ai boudé mon plaisir sur ces deux premiers épisodes (disponibles gratuitement et officiellement sur Youtube), non loin de là. J’ai trouvé ça plaisant, simple à appréhender et confortable. Oui voilà, j’étais dans mes chaussons et c’était douillet.

Cobra Kai n’est pas là pour être ce qu’il n’a pas lieu d’être. C’est Karate Kid en série, point final. On a droit à du triangle amoureux entre le gentil jeune gars, le caïd populaire et la fille qui ne l’était pas avant, mais qui l’est devenue et tente contre sa nature de le rester et ce même s’il s’agit de fréquenter les “mauvaises” personnes.

Bien entendu, cette demoiselle n’est autre que Sam (Mary Mouser), la fille de Daniel Larusso.

De l’autre côté on aura Johnny qui reste coincé dans le passé, n’est pas du tout adéquat avec l’époque actuelle dans sa façon d’agir, d’entraîner, de parler (Il va même jusqu’à être étonné d’entendre un smartphone sonner) et qui, peut importe ce qu’il entreprend et réussit presque, finira toujours par être contre-balancé par cet égo qui même après 30 ans n’a jamais pu se soigner.

Je pourrai comprendre que l’on crache dessus à cause d’une narration d’un autre temps, des éléments que l’on voit venir à 1000km et cette utilisation fréquente d’extrait du film en clin d’oeil nous rappelant bien qu’il s’agit ici d’une suite (là pour faire revivre l’esprit de la saga).

A côté de ça, j’ai trouvé très intéressant de se pencher surtout sur Johnny qui se bat constamment contre ses vieux démons et nous donne un personnage loin d’être aussi binaire qu’on pourrait le penser au premier abord. Sous ses atours de réac’, politiquement incorrect, on a un homme déchiré qui n’arrive pas à se canaliser et balance constamment entre le connard et le mec sympa. On aurait presque plus de sympathie pour lui que pour Daniel Larusso pour qui tout est un peu trop parfait, trop simple.

Le duo d’origine n’arrive pas à ne pas vivre avec l’ombre de leur passé commun, tout est prétexte à revenir sur cette période et pourtant force est de constater que les rôles sont ici inversés.

Daniel est clairement devenu le m’astuvu et Johnny l’underdog. Et c’est là, selon moi, où est le véritable intérêt de Cobra Kai.

Je ne peux que regretter de ne pas retrouver la vibe du senseï et son apprenti qu’il y avait entre Larusso et Miyagi. Les deux protagonistes principaux tentent à leur manière de transmettre leur savoir à leurs protégés, mais ce n’est pas vraiment la même chose et ce malgré les tentatives de la production.

De plus, j’ai l’impression, qu’en plus de ne pas avoir voulu trouver de remplaçant à l’image de Miyagi, la série tente tout ce qu’elle peut pour ne pas coller au stéréotype des arts-martiaux et de la population asiatique. Le résultat est à la limite du white-splaining et ce n’est pas franchement mieux.

La technique d’éviter une problématique par une autre n’est pas forcément toujours des plus efficiente. C’est le même souci pour ce qui est du sexisme, la série se trouve constamment le cul entre deux chaises, entre les vieux de la vieille qui font des remarques inappropriées et les jeunes qui vont à la fois en faire eux aussi et parfois faire la morale.

Conclusion

Cobra Kai à des défauts qui pourraient être rédhibitoires pour certains et je le comprends totalement, malgré ça, elle réussi à être divertissante et à presque faire oublier ses aspects parfois limite du problématique.

J’ai particulièrement aimé son traitement des personnages iconiques ainsi que les combats filmés de façon lisibles, efficaces et funs.

De plus, il est intéressant de voir qu’elle apporte un oeil neuf sur deux personnages sur qui on pensait tout savoir et tout connaître. Espérons que si saison 2 il y a, elle réussira à corriger ses défauts presque tous inhérent à l’attachement au final de 1984 et réussir à créer un passage de flambeau générationnel.

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