THE A WORD un monde a part

Dernièrement, la télévision a discrètement fait de son mieux pour parler de l’handicap, une tendance qui prend une étape importante avec THE A WORD.

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Cette belle série britannique en six parties, triste mais aussi parfois drôlement drôle, parle d’une famille prenant lentement  conscience que son plus jeune membre, âgé de cinq et prénommé Joe (Max Vento), est autiste. Écrit par Peter Bowker et basé sur une série israélienne, le spectacle est comme une expérience scientifique. Il prend des éléments des intrigues récurrentes des drames habituel  une affaire familiale, un patriarche qui veut tout contrôler, les luttes économiques  et au milieu d’eux un enfant autiste et observe ainsi les conséquences sur la famille, qui sont considérables.

Au centre, de ce drame il y a Joe, et ses parents, Paul (Lee Ingleby ) et Alison (Morven Christie). La série débute avec la cinquième fête d’anniversaire de Joe, dans une scène magnifiquement écrite, qui va droit au cœur de la confusion et le déni que les parents  ressentent quand ils commencent à soupçonner que leur enfant est différent. Les invités à la fête jouent, mais Joe est éteint dans son propre monde, il ne prête  aucune attention. Ce qu’Alison fait pour essayer de faire en sorte qu’il ne soit pas le premier enfant marqué sur son propre anniversaire est tout à fait humain, et pénible à voir.

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Le Déni domine les deux premiers épisodes, même après que le couple a reçu un diagnostic précis. Leur première rencontre avec un spécialiste est un exemple classique de refus des parents de reconnaître l’évidence.

« Il est charmant, il est drôle et c’est un génie musical», dit Alison au  médecin quand elle  décrit Joe, qui passe beaucoup de son temps à porter un casque d’écoute. « Il connaît des chansons par cœur. Il est plus intelligent que les enfants de son âge, de sorte qu’ils ne l’intéressent pas beaucoup.  »

L’effet du diagnostic sur Paul, Alison et dans la famille qui les entourent sera douloureusement familier pour quiconque a connu un désarroi similaire. Les tensions surgissent partout sur la façon de gérer Joe. Alison porte atteinte à la vie de chacun en essayant de lui faire son éducation a la maison, craignant qu’il soit étiqueté et ostracisé s’il reste à l’école.

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C’est une famille qui a déjà beaucoup de problèmes. Le grand-père, Maurice (Christopher Eccleston), propriétaire de la brasserie familiale, un peu bourru qui a tendance a tapé sur les nerfs de ses enfants. L’oncle, Eddie (Greg McHugh), et la tante de Joe, Nicola (Vinette Robinson), se battent pour leur mariage suite à une aventure qu’elle a eu. La sœur aînée de Joe, Rebecca (Molly Wright), se pose des questions sur le sexe. Il y a également  la fragilité économique que la famille traverse pour ouvrir une nouvelle brasserie artisanale.

Chaque épisode débute avec Joe, se promenant seul dans les environs en train de fredonner des chansons dont il connaît les paroles par cœur, en plus de connaître son ou ses interprètes et leurs dates de création. Pour lui, la musique est à la fois un exutoire et une thérapie. Exutoire parce que dès que les choses vont mal, il enfile ses écouteurs, brisant par là toute communication et n’ayant plus à essayer de comprendre ce que l’on attend de lui. Le fait qu’il chante à tue-tête « World Shut Your Mouth » de Julian Cope lorsque ça va au plus mal chez les Hughes, ou plus tard « Another Planet » nous traduit assez clairement son état d’esprit. À l’opposé, c’est par la musique que s’effectue une certaine forme de communication entre lui et ses proches, notamment lorsqu’on entend « Don’t You Want Me » de The Human League ou encore « Where Were You » des Mekons. Ces choix musicaux guident aussi le téléspectateur sur l’ambiance qui règne au sein du clan, tout en nous laissant entrer, autant que possible, dans le monde de ce petit gamin de cinq ans…

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Le premier épisode de The A Word a attiré 4,7 millions de téléspectateurs en direct et 5,9 en incluant les enregistrements, ce qui ne représente pas moins de 23% des parts de marchés. Mais au-delà de ces chiffres, c’est la réaction du public qui est la plus touchante. Sa diffusion a entraîné moult reportages et témoignages personnels et tous s’accordent sur le fait que BBC a su dépeindre avec brio la situation pour le moins éprouvante que vivent plusieurs familles, tout en démystifiant ce trouble.

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